Semi-Marathon d’Annecy 2017 : dans la Venise des Alpes

Si les départements savoyards sont réputés pour leurs montagnes et leurs parcours de trails, il ne faut pas oublier une épreuve majeure, qui fêtait cette année sa 38ème édition : le Marathon International du Lac d’Annecy. Je me suis laissé tenté par la distance du semi-marathon, également proposée par le club organisateur, Annecy Haute Savoie Athlétisme. Récit.

Depuis 2 ans, j’avais pour habitude d’inscrire à mon calendrier de courses le Semi-Marathon de Nice. Ayant participé au mois de janvier à la Prom’ Classic, et sachant que le semi-marathon n’emprunterait pas la Promenade des Anglais cette année, je m’étais décidé à varier les plaisirs. J’avais entendu parler à plusieurs reprises du Marathon d’Annecy, qui me tentait déjà depuis quelques temps. Appréciant particulièrement la ville et sa région, je n’hésitais pas bien longtemps à m’inscrire au semi.

Arrivé tôt le matin sur Annecy, un bref passage dans un gymnase de la ville me permettait de retirer mon dossard rapidement. Le départ de l’épreuve serait donné à 14h30, et il me restait donc 5h à occuper avant d’enclencher le chrono. Je savais que les marathoniens couraient le matin, et je me rendais donc sur l’aire d’arrivée, près du lac, pour m’imprégner de l’ambiance.

Arrivée Annecy

Je dois avouer que j’ai aussitôt été impressionné par la qualité de l’organisation déployée : village des partenaires, chapiteau buvette, tentes vestiaires, WC mobiles, zone d’accueil des clubs, tables de pique-nique, tapis rouge sur la dernière ligne droite, arches gonflables, parcours pour les courses “enfants”, arches de ballons multicolores : tout avait été méticuleusement pensé et mis en place avec un souci constant de la valorisation du running, de la gratification des sponsors, de la sécurité et du confort des participants. D’un point de vue logistique, tout était millimétré, savamment orchestré, jusqu’aux tribunes permettant au public de s’asseoir le long de la lignée d’arrivée pour assister au clou du spectacle, chose que je n’avais encore jamais vue sur une course régionale.

Mizuno Annecy

Les coureurs sont généralement prompts à reprocher telle ou telle anomalie aux organisateurs, mais aujourd’hui, j’ai le devoir de saluer l’immense travail déployé bénévolement par le club de l’AHSA pour le bon déroulement de cette épreuve. Tous les bénévoles rencontrés dimanche étaient exceptionnels en tous points de vue : souriants, accueillants, dévoués et redoutablement efficaces dans leurs fonctions.

Ajoutez à cela un public extrêmement nombreux et chaleureux : en arrivant sur le village des partenaires, le départ était donné des courses enfants, et il régnait alors une très joyeuse ambiance familiale. Les parents s’agglutinaient aux barrières pour encourager leur progéniture, et chaque jeune coureur repartait avec une magnifique médaille et un sourire jusqu’aux oreilles après avoir franchi la ligne d’arrivée sur le tapis rouge, “comme les grands“.

Après avoir assisté à l’arrivée du vainqueur du marathon, j’encourageais les premiers finishers de l’épreuve, le long du canal bordé de platanes qui menait à la vieille ville. Là encore, un public déchaîné applaudissait à tout rompre, alors que les tambours des joueurs de batucada rythmaient les dernières foulées des concurrents.

Une petite pause restauration en ville me permettait de revoir amis, ruelles, marché dominical et canaux. Retour à la voiture, et l’heure était venue d’enfiler ma tenue. Le temps était au beau fixe, et le short de rigueur. Je me disais alors que nous risquions même d’avoir un peu chaud pendant la course : la suite des événements allait me confirmer cette prédiction.

Départ Annecy

Après m’être échauffé et constatant que l’heure du départ approchait, je prenais place dans mon sas. Des coureurs à perte de vue, jusqu’au bout d’une longue avenue bordée de platanes longeant le lac. Et quelle ambiance ! Waouh ! Le speaker fit monter la fièvre à coup de clapping, gigantesque Hola, tandis que les concurrents achevaient de rejoindre les rangs.

Arrive le moment du départ, sans bousculade. Le meneur d’allure des 1h45 est 20m devant. La longue ligne droite du départ est vite avalée, et soudain, un bénévole nous oriente sur la gauche, direction la vaste esplanade du Pâquier. La foule alentour est dense, le peloton aussi car la voie est étroite. Impossible de doubler. Il me faudra plus d’un kilomètre pour commencer à pouvoir remonter le peloton. Je slalome en ruminant entre des concurrents en mode footing cool, manifestement inscrits dans un sas trop rapide pour eux. Nous rejoignons une grande avenue où les dépassements redeviennent possibles, et je me porte à hauteur du meneur d’allure des 1h45, puis finis par le doubler.

Nous longeons un quai, puis le lac, puis rejoignons une piste cyclable que nous suivrons sur 70% du parcours. J’ai pris mon allure de croisière, mais je m’aperçois qu’elle est trop rapide : alors que j’avais prévu d’être à 12,3 km/h, ma Garmin Forerunner 235 m’indique être autour de 12,6 voire 12,7. Je réduis mon allure, alors que se présente un petit faux plat montant. Au sommet, virage à gauche, et nous débouchons sur un ravito. Je n’ai pas vu passer les premiers kilomètres et j’attrape au vol un gobelet pour avaler mon premier gel.

Les kilomètres s’enchaînent sur la piste cyclable, et mon allure est régulière : j’ai Spotify Running dans les oreilles et j’ai calé mes pas sur le rythme de la musique. Des orchestres bordent le parcours, et à chaque fois, un public nombreux est rassemblé à proximité pour encourager les coureurs. La balisage kilométrique est très régulier, et coïncide avec les indications de mon GPS.

Une longue ligne droite et soudain, apparaissent des motos sur un chemin de terre en contrebas, puis un groupe de quelques kenyans qui déboulent à toute allure. Je suis encore à peine au 7 ou 8ème kilomètre que la tête de peloton a déjà amorcé son retour… Une bifurcation à droite nous fait remonter vers la Nationale, que nous empruntons sur deux bons kilomètres. Je commence à avoir chaud et mon maillot du club est ouvert en grand. Nous contournons un rond point, puis basculons à gauche vers une petite route où se tient un point de contrôle : Je passe au 11ème kilomètre en 55’10.

Piste cyclable annecyLa boucle retour sera moins amusante : outre le fait d’emprunter la piste cyclable en sens inverse qu’à l’aller, je retiendrai surtout mon explosion au 15ème kilomètre. Alors que je tournais jusque là à une moyenne de 5’00 au kilo, je tombe au 15ème à 5’19, chrono qui se détériorera jusqu’à 5’46 au 19ème. Forte chaleur ? Départ trop rapide ? Sans doute un peu des deux.

Je tente de bien récupérer en marchant aux ravitos, pour relancer derrière, je m’asperge d’eau pour rafraîchir l’atmosphère mais rien n’y fait : la machine redémarre, mais ne tient pas l’allure bien longtemps. Sur le bas-côté, un concurrent est allongé par terre, tandis qu’un spectateur lui tient les jambes en l’air et qu’un autre téléphone aux secours. Beaucoup d’autres marchent.

Après un des derniers ravitos, nous quittons la piste cyclable et un court faux plat descendant me donne un zeste de répit. Les photographes nous mitraillent. Je vais avoir une tête décomposée sur les photos, lol. On aperçoit Annecy au loin, mais pas encore l’arrivée.

Arrivée AnnecyNous entrons dans Annecy, je reconnais le parking de la piscine et de la police municipale. Il ne reste pas grand chose. Je tourne à 11km/h et tente de maintenir péniblement cette allure, en me disant que c’est celle que je devrai tenir 42 km dans 6 mois sur le Marathon Nice-Cannes. C’est pas gagné ! Nous approchons du quai du Libellule, le bâteau-mouche du Lac d’Annecy, et je sais alors que l’arrivée est proche.

Les bords du parcours sont noirs de monde. Dernier kilomètre. Je m’accroche, la foule me porte littéralement, impossible de vouloir marcher. Je décompte au fond de moi les derniers mètres, par lots de 100. J’aperçois au loin l’aire d’arrivée, je pense aux copains du club, à mes proches, et serre les dents. L’entrée du tapis rouge me libère, encore 100m, et je passe la ligne en 1h48’11.

Médaille AnnecyDes coureurs sont allongés sur la gauche de la ligne, je m’effondre au milieu d’eux. Une secouriste me demande si ça va en me faisant de l’ombre. Je lui dit qu’il a fait très chaud. Elle me le confirme. Quelques secondes me permettent de recouvrer mes esprits, je me relève, et rejoins en quelques pas une bénévole, qui me passe ma médaille autour du cou… Finisher !!

Au final, même si je reste déçu de mon chrono (6 minutes de plus qu’au Semi-Marathon des Pyramides à la Grande Motte début mars), je garde un excellent souvenir de cette course. Outre une organisation vraiment au top et des bénévoles exceptionnels que je remercie encore, j’ai eu vraiment un très grand plaisir à courir dans un cadre grandiose. Je n’attends plus qu’une chose : le refaire et prendre ma revanche l’an prochain !

Diplôme Annecy

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