Musique et FFA : le divorce

BatucadaLa Fédération Française d’Athlétisme a intégré dans la réglementation des courses hors stade l’interdiction d’écouter de la musique en compétition. Cette décision, totalement absurde à mon goût, méritait un sérieux coup de gueule de ma part.

A l’occasion de la publication de mon article consacré à Spotify Running, un lecteur a attiré mon attention sur le fait que la FFA avait interdit d’écouter de la musique en compétition. Une rapide recherche sur internet confirma cette information, à ma grande stupéfaction. Diantre ! Plus de zik dans les oreilles pour accompagner mes kilomètres ? Comment la FFA avait-elle pu prendre une décision aussi absurde que celle d’interdire la crèche à Noël ?

Approfondissant mes recherches, je tombais ainsi sur cet article de la réglementation des courses hors stade, par lequel la FFA coupait les cordons de mon headphone :

Partition6 – AIDE – ACCOMPAGNATEURS – ASSISTANCE
Le Règlement Sportif de la FFA n’autorise pas les aides apportées aux athlètes en compétition, que ce soit par utilisation de certains matériels (règle F144.2 (b), prohibant radio, lecteur de cassette ou cd, téléphone portable ou équipement similaire), ou en ayant recours à un ou des accompagnateurs. Les podomètres ou GPS ne sont pas considérés comme une aide.

La FFA considère donc qu’écouter de la musique en compétition constitue une “aide ou une assistance”, puisqu’elle fonde la légitimité de cette interdiction sur ce chapitre.

Cette décision est totalement illogique et la Fédération en apporte la preuve dans le même paragraphe : elle interdit la musique mais autorise les montres GPS qui, elles, ne sont pas considérées comme une aide. Pourtant ces petits bijoux de technologie sont capables, pour les plus perfectionnées, de vous indiquer en temps réel vos temps de passage, altitude, allure, fréquence cardiaque, et autres statistiques, à grands renforts de bips et vibrations du poignet. Comment peut-on imaginer que des coureurs équipés de ces technologies ne soient pas avantagés par rapport à ceux disposant d’un simple chrono ? Contresens également que d’interdire les téléphones portables, alors que sur certains trails, ils sont rendus obligatoires pour des raisons de sécurité !

On aurait pu imaginer que l’interdiction de la musique en compétition se fonde justement sur des impératifs de sécurité (dans le souci par exemple de pouvoir entendre à tout moment la proximité de motos de commissaires de course). Il n’en est rien ! Pas une ligne de la réglementation ne justifie cette prohibition pour ce motif, ce que l’on aurait pu alors comprendre.

OrchestreMessieurs de la FFA, je voudrais vous rappeler que pour le coureur lambda, courir, c’est être libre, et avant tout prendre du plaisir. C’est oublier le stress du quotidien et profiter d’une bouffée d’oxygène. Les 57000 coureurs qui participent au Marathon de Paris ne prétendent pas tous à monter sur le podium. Certes, les runners qui participent à une compétition cherchent plus ou moins à relever un défi ou à se dépasser, mais en quoi écouter de la musique constituerait-il une aide ou une assistance ? J’améliorerai peut-être mon chrono de quelques secondes, parce que mon tempo aura été plus régulier ? Et alors ?! Je préfère avoir du Mozart dans les oreilles que des produits interdits dans le sang. Poursuivez donc ce vrai combat contre le dopage, plutôt que de vous préoccuper de ce que j’écoute. Ou alors, allez jusqu’au bout de votre raisonnement et interdisez aussi les orchestres à côté des ravitos, et pourquoi pas, tant qu’on y est, les applaudissements de ma belle-mère et du public au bord de la route. N’oubliez pas, aussi, d’interdire les coureurs déguisés au Marathon du Médoc, de peur que leur accoutrement soit de nature à remonter le moral de tous ceux qui les doublent sur le parcours, ou parce que leur maillot n’est pas réglementaire.

Alors que le hors-stade en général et le trail en particulier connaissent un développement sans précédent depuis quelques années, vous finirez par dégoûter un bon nombre de coureurs qui se laissent tenter par la compétition, à force de jouer aux intégristes et de vouloir réglementer à tout prix.

Je comprends votre souci de vouloir garantir l’égalité de tous sur la ligne de départ, mais de grâce, assurez-vous de prendre les bonnes décisions, plutôt que des mesurettes qui nuisent à la popularité de notre sport. Vous éviterez alors peut-être d’entendre un jour le requiem de la FFA.

Pour info, je prendrai le départ de mon prochain semi-marathon avec mon casque sur les oreilles. Et avec les Chariots de Feu, de Vangelis.

Musicalement.

PS : N’hésitez pas à partager cet article si vous êtes d’accord avec son contenu…

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