10 conseils pour soigner une tendinite d’Achille

Dans la rubrique “j’ai testé pour vous“, je vous parle aujourd’hui de la tendinite d’Achille. À l’heure où j’écris ces lignes, cela fait en effet 2 mois que les premiers signes de cette affection sont apparus sur mon talon gauche. Depuis fin juin, entre diagnostic, début du traitement, consultations diverses des professionnels de santé, une tendinite d’insertion du tendon d’Achille (ou tendinopathie calcanéenne) m’impose un parcours du combattant quotidien pour en venir à bout.

Je n’exagère pas beaucoup en parlant de “combattant”, car je ne me doutais pas, avant d’en avoir une, que soigner une tendinite soit aussi long et compliqué. C’est en effet un véritable arsenal que le coureur à pied doit généralement déployer durant plusieurs semaines pour venir à bout de cette blessure qui peut survenir pour pas grand chose.

Je vous livre ici, en 10 conseils-témoignages, la synthèse des moyens que j’ai pu mettre en oeuvre pour me débarrasser de cette inflammation, étant précisé qu’il ne s’agit que de mon expérience personnelle : si vous deviez souffrir un jour d’une tendinite d’Achille, la consultation de professionnels de santé est évidemment indispensable pour poser un bon diagnostic et mettre en place un processus de soins adapté à votre cas.

1/ Suspendre la course à pied immédiatement

Ma tendinite a débuté fin juin, à l’occasion d’une sortie de 12km avec un peu de D+. Je testais alors pour la première fois une nouvelle paire de chaussures de trail. Ces chaussures étaient très dures, peu souples, et manquaient cruellement d’amorti, à la différence de mes chaussures de running habituelles. Au bout de quelques kilomètres, j’avais eu l’impression qu’on m’enfonçait des aiguilles dans le talon. S’agissant d’une nouvelle paire, je ne m’en étais alors pas inquiété, pensant que ces chaussures avaient besoin d’être “cassées”. J’ai eu le malheur de courir une seconde fois avec cette paire, mais également de poursuivre mes sorties running avec mes chaussures habituelles jusqu’à mi-juillet. La douleur, pourtant, devenait de plus en plus persistante, même avec mes anciennes chaussures de running. Je me disais “ça va passer“, d’autant que le début de mon plan d’entraînement pour le marathon Nice-Cannes était imminent. Avec le recul, je me dis aujourd’hui que j’aurais dû écouter mon corps, m’arrêter de courir dès les premiers signaux d’alerte, et ne pas différer davantage un rendez-vous médical.

2/ Diagnostiquer le problème avec un médecin

Seul un médecin peut diagnostiquer avec précision l’origine de la douleur. Pour ma part, j’imaginais 2 scénarios possibles à cette douleur : soit une tendinite, soit une fracture de fatigue du calcanéum. Mon médecin traitant me prescrivait, en première intention, de passer une radiographie et une échographie du pied. La radiographie confirmait une intégrité osseuse, tandis que l’échographie permettait de poser le diagnostic de tendinite. Vous ne pourrez pas faire l’économie de l’avis des professionnels de santé et de l’imagerie médicale pour définir avec précision l’étendue de votre tendinite : je vous recommande donc de consulter très rapidement votre médecin (ou mieux, un médecin du sport). Souvenez-vous surtout qu’aucun diagnostic médical ne peut résulter d’un site web ou d’un forum de discussion sur la course à pied !

 

3/ Identifier la cause de la tendinite

Une tendinite peut être provoquée par différents facteurs. Elle est souvent associée à une sollicitation trop importante du tendon, qui provoque des micro-traumatismes. Chez les sportifs, elle est favorisée par des mauvais gestes, des changements d’habitudes d’entraînement, un manque d’hydratation, l’absence d’étirements, le port de chaussures mal adaptées. Chez les professionnels, des gestes répétitifs tout au long de la journée. L’identification de la cause de la tendinite permet ensuite de l’éliminer et d’adapter son entraînement en conséquence pour éviter les récidives. Dans mon exemple, vous l’aurez compris, la nouvelle paire de chaussures testée aura été le facteur déclenchant, en raison d’un amorti insuffisant pour mon type de foulée. J’ai donc revendu ces chaussures, et testerai dorénavant mes futures paires en boutique avant d’en acheter !

4/ Entreprendre des soins chez un kinésithérapeute

En matière de tendinites, le kiné est sans doute l’architecte de la convalescence. Il va mettre en œuvre toute une série de méthodes pour venir à bout de l’affection, et aider l’organisme à réorganiser les tissus tendineux malmenés. Ondes de choc, étirements, glaçage, physiothérapie, massages transverses profonds : l’arsenal est impressionnant. Pour ma part, j’ai eu droit à une machine de vibromassage, de l’electrotherapie, du glaçage (poursuivi 3 fois par jour à la maison), et à des étirements excentriques dans le cadre du protocole de Stanish, gentil monsieur devenu depuis mon grand copain 😉

 

5/ Tenter les huiles essentielles

Flector, Voltaren… Autant d’anti-inflammatoires non steroidiens avec lesquels je pensais devoir cohabiter pendant quelques semaines. Mon médecin préféra privilégier les huiles essentielles. Huile essentielle de gaultherie couchée, d’helichryse italienne, d’eucalyptus citronné, d’huile de massage à l’arnica ont ainsi embaumé le couloir de mon bureau au boulot pendant plusieurs semaines. Une goutte de chaque, appliquées plusieurs fois par jour : leurs puissantes vertus anti-inflammatoires ont peu à peu produit leurs effets et m’ont apporté beaucoup de soulagement.

6/ Tenter l’argile verte

Au XIX° siècle, les chevaux du célèbre Cadre Noir de Saumur étaient traités grâce à l’argile verte en cas de tendinite. Elle possède en effet de nombreuses vertus : reminéralisante, régénérante, antiseptique, purifiante, cicatrisante, anti-inflammatoire… Dans le cas d’une tendinite ce sont surtout ses vertus anti-inflammatoires et antalgiques qui sont recherchées. Elle agit en outre comme une éponge avec les toxines de la zone affectée. Tous les soirs, je me suis donc appliqué un cataplasme d’argile verte sur le talon, enrobé de cellophane. Pas très sexy pour passer la nuit, mais les améliorations étaient bien là au petit matin. J’ai également complété ces emplâtres, en journée, avec des applications locales de gel de silice organique.

tendinite d'Achille

7/ Adapter son alimentation et son hydratation

Alimentation et hydratation ont un impact sur les tendinites, car l’acidité de notre organisme entretient l’inflammation. Pour la réduire, il faut rechercher les nutriments qui favorisent le bon fonctionnement des tendons, fuir les aliments acidifiants et bien boire. Entre 1,5l et 2l d’eau par jour, plate pour drainer les déchets, gazeuse pour neutraliser l’acidité. J’ai également supprimé charcuteries, alcool, lait et fromage, et sélectionné plus attentivement mes sources de protéines (dont la dégradation entraîne la production d’acide urique). J’ai également utilisé un complément alimentaire à base de collagène (composant du tendon). Enfin, une cure de curcuma renforcé au poivre noir (dont les effets anti-inflammatoires seraient aussi puissants que la cortisone) a soulagé mes douleurs en quelques jours.

8/ Faire le point avec un osthéopathe

Si la cause de ma tendinite est essentiellement liée à l’utilisation d’une paire de chaussures inadaptées, elle aurait pu également trouver son origine dans une mauvaise posture ou un mauvais geste. L’ostéopathie peut contribuer à traiter les tendinites en soulageant la tension à laquelle les tendons sont soumis et en redonnant une mobilité articulaire correcte. Je n’ai pas hésité à faire un tour chez mon osthéo car, commençant à compenser sur la jambe droite ma douleur du talon gauche, des tensions dorsales commençaient également à se faire sentir. L’ostéopathe, par un réalignement de la posture, un travail de l’articulation localement et un réajustement musculaire m’a permis une récupération plus efficace.

9/ Faire le point avec un podologue

Le tendon d’Achille a un rôle clé dans l’extension du pied car il permet de faire décoller le talon du sol et sert de “poulie” lors de l’extension du pied. Il permet de faire décoller le talon et contrôler l’avancée de la jambe. En raison du poids du corps, les forces et les contraintes mécaniques que subit ce tendon sont colossales. Avant toute reprise, et alors même que je suis déjà porteur de semelles, un bilan de statique plantaire avec mon podologue m’a paru s’imposer. Pour prévenir toute récidive, je voulais être certain que d’autres causes mécaniques, autres qu’un mauvais choix de chaussures, n’avaient pas pu contribuer à l’apparition de cette tendinite. Il a ainsi épaissi mes semelles de 2mm, au niveau du talon, pour réduire les tensions exercées sur le tendon.

10/ S’armer de patience

Autant être franc, les termes “tendinite” et “guérir rapidement” sont incompatibles. Comme je l’ai dit plus haut, il pourra être nécessaire à mon sens de suspendre la course à pied pendant un temps, et de la remplacer par du vélo ou de la natation, sports qui sollicitent moins le tendon d’achille. Mon kiné m’a d’ailleurs recommandé de ne plus courir pendant 3 semaines (mais il aurait préféré 6 !). Ne reprenez pas la course à pied tant que vous ressentez une douleur, une gène ou une tension (surtout au réveil ou à la pression du pouce). Là aussi,  j’ai testé pour vous : la douleur réapparaîtra très rapidement. Toutefois, le repos total n’est pas recommandé : des exercices et étirements selon le protocole de Stanish permettront de solliciter et renforcer le tendon progressivement. La reprise de la course à pied se fera également de manière graduelle. Bon courage !

 

 

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